En résumé
1.a. La racine évidente est X=1
1.b. Grâce à la racinde évidente, on peut calculer que la décomposition est P(X)=(X−1)(X−(a+b−1))
1.c. Pour avoir une racine double, il faut que les racines X=1 et X=a+b−1 soient égale, ce qui n'est pas possible car 0<a<1 et 0<b<1
2.a. En injectant les racines de la question 1, on élimine le produit de polynomes P(X)Q(X), ce qui permet d'établir facilement le système linéaire :
{αp+βp=1αp(a+b−1)+βp=(a+b−1)p
2.b. En résolvant le système, on trouve :
αp=S−1Sp−1,βp=S−1S−Sp
où S=a+b−1.
3.a. En injectant la matrice B dans le polynôme, on en déduit que :
P(B)=(0000)
3.b. Grâce à la question 2, on peut trouver une forme explicite pour Bp en fonction de p, a et b :
Bp=(a+b−2(a+b−1)p−1a+a+b−21−(a+b−1)pa+b−2(a+b−1)p−1(1−b)a+b−2(a+b−1)p−1(1−a)a+b−2(a+b−1)p−1b+a+b−21−(a+b−1)p)
En détails
Nous analysons le polynôme :
P(X)=X2−(a+b)X+a+b−1
1. (a) Détermination d'une racine évidente
On cherche une valeur évidente de X qui annule P(X). Testons X=1 :
P(1)=12−(a+b)⋅1+a+b−1
=1−a−b+a+b−1=0
Donc, X=1 est une racine évidente de P(X).
1. (b) Décomposition en produit de polynômes de degré 1
Puisque X=1 est une racine, P(X) est divisible par X−1. Utilisons la division :
P(X)=(X−1)(X−r)
Développons :
(X−1)(X−r)=X2−(1+r)X+r
En identifiant avec P(X)=X2−(a+b)X+a+b−1, on obtient :
- 1+r=a+b ⟹ r=a+b−1
- r=a+b−1 est bien la seconde racine.
Ainsi, la décomposition est :
P(X)=(X−1)(X−(a+b−1))
1. (c) Peut-il admettre une racine double ?
Un polynôme admet une racine double si et seulement si son discriminant est nul. Le discriminant de P(X) est :
Δ=(a+b)2−4(a+b−1)
=a2+2ab+b2−4a−4b+4
=(a2+b2+2ab)−4(a+b)+4
Factorisons :
=(a+b−2)2
Le discriminant est nul si (a+b−2)2=0, soit a+b=2.
Or, on a 0<a<1 et 0<b<1, donc nécessairement a+b<2.
Ainsi, le discriminant est strictement positif, et P(X) n'admet jamais de racine double.
On nous donne la division euclidienne de Xp par P(X) :
Xp=P(X)Q(X)+αpX+βp
où Q(X)∈R[X] et αp,βp sont des réels dépendant de p.
2. (a) Détermination du système linéaire vérifié par αp et βp
On sait que P(X)=X2−(a+b)X+a+b−1.
Par l'identité donnée :
Xp=(X2−(a+b)X+a+b−1)Q(X)+αpX+βp
Cette égalité est valable pour toutes les valeurs de X, et en particulier pour les racines de P(X), qui sont X=1 et X=a+b−1.
En substituant X=1 :
1p=(12−(a+b)1+a+b−1)Q(1)+αp(1)+βp
1=(1−a−b+a+b−1)Q(1)+αp+βp
1=(1−1)Q(1)+αp+βp
1=αp+βp
De même, en substituant X=a+b−1 :
(a+b−1)p=((a+b−1)2−(a+b)(a+b−1)+a+b−1)Q(a+b−1)+αp(a+b−1)+βp
Or, comme a+b−1 est racine de P(X), on a :
(a+b−1)2−(a+b)(a+b−1)+a+b−1=0
Donc :
(a+b−1)p=αp(a+b−1)+βp
On obtient ainsi le système linéaire suivant :
{αp+βp=1αp(a+b−1)+βp=(a+b−1)p
2. (b) Résolution du système et détermination de αp et βp
En posant S=a+b−1, notre système devient :
{αp+βp=1αpS+βp=Sp
Résolvons par substitution. Exprimons βp à partir de la première équation :
βp=1−αp
Remplaçons dans la deuxième équation :
αpS+(1−αp)=Sp
αpS−αp=Sp−1
αp(S−1)=Sp−1
αp=S−1Sp−1
βp=1−S−1Sp−1
βp=S−1S−1−(Sp−1)
βp=S−1S−Sp
Conclusion
On a trouvé :
αp=S−1Sp−1,βp=S−1S−Sp
où S=a+b−1.
3. (a) Calcul de P(B)
On a le polynôme suivant :
P(X)=X2−(a+b)X+(a+b−1)
et la matrice :
B=(a1−b1−ab)
Par définition :
P(B)=B2−(a+b)B+(a+b−1)I2
Calcul de B2 :
B2=(a1−b1−ab)(a1−b1−ab)
Faisons le produit :
B2=(a2+(1−a)(1−b)(1−b)a+b(1−b)a(1−a)+(1−a)b(1−b)(1−a)+b2)
Calculons chaque élément :
a2+(1−a)(1−b)=a2+(1−a−b+ab)=a2−a−b+ab+1
a(1−a)+(1−a)b=a−a2+b−ab
(1−b)a+b(1−b)=a−ab+b−b2
(1−b)(1−a)+b2=1−a−b+ab+b2
Ainsi :
B2=(a2−a−b+ab+1a−ab+b−b2a−a2+b−ab1−a−b+ab+b2)
Calcul de (a+b)B :
(a+b)B=(a+b)(a1−b1−ab)=((a+b)a(a+b)(1−b)(a+b)(1−a)(a+b)b)
Calcul de P(B) :
P(B)=B2−(a+b)B+(a+b−1)I2
Effectuons la soustraction :
=(A11A21A12A22)−((a+b)a(a+b)(1−b)(a+b)(1−a)(a+b)b)+(a+b−100a+b−1)
Après simplifications, on trouve que :
P(B)=O2(la matrice nulle)
3. (b) Détermination de Bp pour tout p∈N
On sait que P(B)=O2 et que P(X) se factorise en :
P(X)=(X−1)(X−(a+b−1))
Donc, par le théorème de Cayley-Hamilton et la relation donnée :
Xp=P(X)Q(X)+αpX+βp
appliquée à B :
Bp=αpB+βpI2
avec :
αp=a+b−2(a+b−1)p−1
βp=a+b−2a+b−1−(a+b−1)p
Ainsi, pour tout entier p :
Bp=αpB+βpI2
Ou encore :
Bp=(aαp+βp(b−1)αp(a−1)αpbαp+βp)
Les coefficients αp et βp dépendent de p et des paramètres a et b comme calculé précédemment.